Éloge de la souplesse

Il n’est pas question ici de porter aux nues la faculté à se gratter les oreilles avec les orteils, vous l’aurez deviné… 😉

Je parle de la souplesse d’emploi du temps que l’IEF nous permet de vivre au quotidien.

Vous l’aurez constaté, peu d’articles ont été postés sur notre blog depuis fin décembre, et cela reflète assez bien notre niveau global d’activité scolaire « formelle ».

Les vacances, quelques rhumes, les fêtes, les sorties, le rythme un peu chamboulé, les visites, et une reprise un peu laborieuse (due en partie à l’emploi du temps chargé de Papa et en partie à des obligations familiales) nous ont conduit à mettre entre parenthèses, d’abord, puis à mettre la pédale douce sur nos activités d’école.

Et j’avoue que je savoure cet état de fait, cette possibilité de nous adapter, de faire autrement. Cela serait impossible si les enfants étaient scolarisés. Nous vivons dans une société où la pression du conformisme est forte, où les médias diffusent largement « LE » modèle à suivre et où il est parfois difficile de pouvoir simplement dire « non merci » en souriant et de suivre un autre chemin.

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Non, rien n’oblige à s’asseoir 2, 4, ou 6 heures par jour devant une feuille ou un livre pour apprendre des choses. Non, il n’y a pas qu’une seule façon d’apprendre, de découvrir, de grandir. Non, mes enfants ne seront pas « en retard », ni « déconnectés ».

Je n’ai pas peur, je ne m’angoisse pas en regardant le « programme ». Pourquoi ? Parce que je vois nos enfants qui vivent, s’épanouissent, apprennent par mille moyens auxquels je n’aurais pas pensé une seconde, et qu’il n’y a en fait aucune urgence. Cela m’interpelle quand je lis telle ou telle maman qui s’inquiète du programme à suivre pour son enfant de 3 ans, des résultats que l’on attend en fin de maternelle, ou de sa fille qui à 6 ans ne tient pas son stylo correctement ou ne parvient pas à lire à voix basse. Bien sûr, je comprends en tant que maman qu’on soit attentif, qu’on ne veuille pas laisser s’installer des comportements problématiques, qu’on désire intervenir rapidement, donner le meilleur, ne pas passer à côté d’un réel problème. C’est légitime et louable. Mais de là à basculer dans l’angoisse de la performance et la pression du « moule » auquel il faudrait se conformer, il y a un pas que je suis attachée à ne pas franchir.

Je vois mes enfants grandir depuis plusieurs années, et je souris quand je repense à mes premières inquiétudes à propos de la façon dont mon fils écrivait (ou plutôt n’écrivait pas!), ou dont ma fille refusait de « travailler » plus de 3 minutes d’affilée. Je souris, parce que la plupart des inquiétudes naissent sur des choses qui passent. Un peu comme lorsqu’on s’angoisse pour l’apprentissage de la propreté. Franchement, hors pathologie, vous avez déjà vu un gamin de 15 ans avec des couches? Peut-être a-t-il maîtrisé l’art délicat d’utiliser le pot dès 19 mois, et peut-être qu’il a porté des couches jusqu’à 4 ans et demi. Quelle différence au final? Sans doute aucune autre que l’angoisse de ses parents face au temps qui passait, sans que ce petit bout ne semble comprendre ce qu’on attendait de lui à ce niveau.

L’IEF, c’est aussi ça : refuser délibérément de se faire des nœuds au cerveau pour des choses finalement sans grande importance.

Alors oui, nous laissons un peu de côté notre emploi du temps habituel, mais cela se fait sans douleur, sans culpabilité. Parce que montrer la vraie vie à ses enfants, c’est aussi leur faire ressentir cette souplesse, devant certaines obligations, certains empêchements, ou simplement certaines envies.

La suite bientôt…

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Une réflexion sur “Éloge de la souplesse

  1. Rhooo moi aussi ça m’interpelle quand je lis qu’une maman s’inquiète du programme à suivre pour son enfant de 3 ans ou pour la fin de la maternelle 🙂 Sachant que ces années là sont faites pour jouer particulièrement, ça me semble énorme de vouloir faire un programme journalier super chargé au lieu de laisser l’enfant réclamer quelque chose… Mais lâcher prise n’est pas toujours évident.

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