« Je ne sais pas comment tu fais! », ou comment passer tout son temps (ou presque) avec ses enfants

C’est une des réflexions qui revient très souvent quand j’évoque l’IEF avec des familles scolarisantes.

La plupart de mes amies m’a dit au moins une fois cette phrase, ou une assez équivalente.

J’avoue que si on imagine assez facilement des enfants assez grands ou des ados plutôt autonomes, l’idée de passer chaque jour avec de jeunes enfants peut être d’avance fatigante.

Alors qu’en est-il ? Les parents IEFeurs sont-ils de super-héros ? Avons-nous suivi un entraînement spécial auprès de maîtres zen ? Sommes-nous tout simplement de meilleurs parents ? O:)

Rien de tout cela, je l’avoue. Nous avons tous nos trucs pour assurer le quotidien. Voici les miens, n’hésitez pas à partager les vôtres. 😉

L’IEF est un choix

Rien que ça, c’est énorme, parce que ça donne une vraie motivation. Nous avons choisi cette vie, et comme tout choix, il a été réfléchi, pesé, mesuré, et nous nous y sommes engagés délibérément, et avec enthousiasme.

S’en souvenir suffit parfois à redonner un petit coup de fouet. Se souvenir de nos motivations profondes, des raisons qui ont débouché sur cette décision, remet les pendules à l’heure quand tout ne roule pas comme prévu, et c’est fréquent !

Nous avons fait un choix, et nous l’assumons. Nous le vivons. Il y a de bons côtés, et aussi de moins bons. Mais cela nous correspond. Lorsque cela ne nous correspondra plus, ou plus assez, on en reparlera, mais pour l’instant, c’est cette vie qui nous convient.

C’est aussi un choix fait ensemble, et le soutien du conjoint est une part importante de ma motivation. Quand je doute ou que je fatigue, je ne suis pas seule, il est là, et c’est un vrai soulagement pour moi.

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Qui veut voyager loin ménage sa monture

Comme toute activité, la vie de famille et l’IEF exigent des pauses et des temps de repos.

Ayant eu trois enfants en 4 ans, et n’ayant pas de permis de conduire, il m’était difficile d’avoir une activité de détente à l’extérieur. Je n’arrive pas non plus à me reposer à fond une semaine par an, et à assurer le reste du temps. Alors je me ménage des pauses dans la journée.

Je profite du temps calme du début d’après-midi pour me poser un peu. Pendant que les deux petits sont à la sieste et que le grand lit tranquillement, je prends une heure pour moi. Bien sûr, si besoin, je suis disponible, et parfois la sieste tombe à l’eau, mais je suis finalement rarement dérangée. Je bois un café, je fouille le net, je lis un bouquin, j’écris pour le blog, peu importe, mais c’est un temps à moi. Je recharge mon capital patience, ça me permet de finir la journée (à peu près) sereinement.

Le soir, lorsque mon mari rentre du travail, je sais qu’il va prendre un peu le relais. Il joue ou discute avec les enfants pendant que je prends une douche ou un bain, que je prépare le repas (sans enfants autour, c’est reposant), ou que je fais tout autre chose, sans rapport avec ma vie de maman. S’il rentre tôt, ou durant le week-end, il arrive aussi que mon mari sorte jouer ou se promener avec les enfants pendant que je me repose. Ce n’est pas très souvent, mais ça me fait du bien.

Il ne faut pas oublier non plus les temps passés chez les amis, les moments où les enfants font des activités à l’extérieur, vont au centre aéré ou en colo…

A vous de trouver ce qui vous ressource, et de décider du rythme qui vous convient, mais prenez soin de vous, c’est un service que vous vous rendez, et un bon exemple d’hygiène de vie que vous donnez à vos enfants.

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« Tes enfants sont faciles, tu as de la chance ! »

C’est vrai, mes enfants sont plutôt calmes, assez raisonnables, et je ne suis pas obligée de les surveiller sans cesse pour être sûre qu’ils ne vont pas démonter la maison.

Est-ce de la chance, ou le fruit de notre éducation ? Un peu des deux, probablement.

Mais une chose est sûre : j’ai vu des enfants calmes et charmants devenir en entrant à l’école de petites furies incontrôlables, violentes, insolentes, et prêtes à exploser au moindre prétexte.

C’est un fait, si l’école réussit à certains enfants, d’autres, assez nombreux, y sont malmenés. C’est souvent le cas des jeunes enfants, qui ne sont pas prêts à la vie en communauté, pas prêts à « affronter » les autres, pas prêts à être livrés à eux-mêmes une bonne partie du temps.

L’école est exigeante, fatigante, stressante, bruyante. Les enfants y apprennent des comportements nouveaux (insolence, brutalité), ils font de gros efforts pour obéir et faire ce qui est attendu (en résulte souvent une tension qui doit bien être évacuée), ils sont stressés et fatigués par le rythme, les réveils matinaux, le manque de temps calmes, de sieste aussi parfois.

Je lis souvent le témoignage de parents qui constatent que leurs enfants une fois déscolarisés ont un comportement radicalement différent. Evidemment, ça ne se fait pas du jour au lendemain, il faut le temps de se défaire de cette pression, mais il n’est pas rare d’entendre ce genre de remarques venant de parents qui pensaient jusque là  que leur enfant était capricieux, inattentif aux autres, incapable de se poser pour une activité calme, ou volontairement brutal avec ses pairs.

D’autre part, il ne faut pas croire que ce calme est simplement dans leur nature : ce sont des enfants, ils peuvent être bruyants, excités, nerveusement fatigués, ou simplement avoir envie de faire le bazar. Mais il y a quelques règles chez nous, et nous les faisons respecter (on ne court pas et on ne saute pas à l’intérieur (nous sommes en appartement); on chuchote pendant le temps d’école et le temps calme; on ne crie pas dans la maison).

En contrepartie, il est évident que nous donnons aux enfants la possibilité de se défouler comme ils en ont besoin.

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L’autonomie, ça se conquiert

Aucun enfant ne naît autonome. C’est ainsi. Nos bébés sont profondément dépendants de nous, c’est une question de survie.

Un bébé a un besoin vital de proximité physique, et un besoin tout aussi vital d’être rassuré (l’un allant souvent avec l’autre, d’ailleurs).

Il est normal qu’un enfant ne veuille pas se séparer de sa mère (oui, même à deux ans !), normal aussi que ce soit vers elle qu’il se tourne dès qu’il est angoissé, frustré, gêné.

Je l’ai dit, j’ai eu trois enfants en 4 ans, les deux premiers sont nés à 18 mois d’intervalle. Autant vous dire qu’entre la naissance de Martin, notre aîné, et les 3 ans de Joanne, sa cadette, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour moi. Si Martin était un bébé calme, qui dormait bien et beaucoup assez rapidement, sa petite sœur avait quant à elle un grand besoin d’être portée presque à longueur de journée. Elle passait le plus clair de sont temps dans l’écharpe de portage, et dès qu’on la posait, elle hurlait tant et si bien que je la surnommait à l’époque « la petite sirène ». J’en souris aujourd’hui, mais je dois avouer que durant la phase où même son papa ne trouvait pas grâce à ses yeux, et où je l’entendais vociférer dans ses bras pendant les 10 minutes où je prenais une douche, je n’en pouvais plus. Si on m’avait dit à l’époque que nous allions pratiquer l’IEF, et que je passerais mes journées avec mes deux bouts de chou et leur petit frère à venir, j’aurais rigolé. Ou pleuré. Ou les deux.

En général, les parents estiment normal de donner beaucoup de temps à un enfant les premiers mois, voire jusqu’à un ou deux ans, puis ils attendent de l’enfant qu’il puisse jouer seul un moment, qu’il ne les sollicite pas en permanence.

Chez nous, selon les enfants, l’autonomie pour le jeu est venue entre 6 mois et 3 ans, très progressivement.

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Mais encore aujourd’hui, les besoins des uns et des autres varient selon les moments, ce n’est pas un processus linéaire. C’est vers 3 ans que notre petit dernier a commencé véritablement à jouer seul, avant ça, il avait besoin d’un parent ou d’un membre de la fratrie avec lui. Notre fille a 6 ans et demi, mais elle joue rarement seule.

Nous avons conscience du besoin de nos enfants, et nous essayons d’y répondre de notre mieux. Ce n’est pas parfait, rien ne l’est, mais nous sommes disponibles, le plus possible. Nous essayons de répondre à leurs sollicitations. Bien sûr, le fait qu’ils soient trois est aussi une aide : ils jouent ensemble, et cela nous permet d’être un peu moins présents, un peu moins nécessaires. Mais il est normal qu’un enfant aie besoin de ses parents, même lorsqu’il mange seul, marche seul, s’habille seul.

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C’est agréable d’être ensemble

Comme je le disais plus haut, si passer du temps avec un enfant stressé, surexcité par la fatigue ou les pression scolaire  peut être une perspective peu enthousiasmante, je connais peu de parents qui n’apprécient pas de passer de bons moments de détente ou de jeu avec leurs enfants.

Vous me direz : « Oui, mais l’IEF, ce n’est pas les vacances, et on ne va pas simplement jouer ! », ou encore « J’ai déjà du mal à être patiente pour les devoirs, alors je ne pourrais pas leur faire l’école ! ».

En fait, cette vision des choses est biaisée. Il est évident qu’on ne peut pas comparer l’IEF à des loisirs perpétuels. Il est évident aussi qu’on ne peut comparer le temps des devoirs, avec un parent fatigué par sa journée et stressé par l’heure qui tourne, et un enfant qui est épuisé de sa journée, qui n’aspire qu’à aller jouer ou se reposer, ou qui peut-être se met une pression folle pour « réussir » en pensant en être incapable, avec ce qui se passe en IEF.

Un enfant en IEF peut aller à son rythme, ne pas être sous pression de réussite, choisir à quoi il veut travailler, il a la possibilité et le temps de se passionner, d’approfondir ce qui l’intéresse. Rien à voir avec la bataille du soir pour qu’il se plie à des exercices ennuyeux ou qu’il ingurgite des leçons sèches. Pas besoin d’être une pro de la patience pour l’accompagner alors dans ses apprentissages.

L’IEF, c’est une transmission des savoirs, mais c’est aussi découvrir ensemble, visiter des monuments, chercher, progresser, encourager, se fabriquer un tas de souvenirs, se faire des amis, se lancer dans un élevage d’escargots, dans des bricolages scientifiques, se rendre à une exposition, bref, c’est loin d’une interminable partie de « C’est l’heure des devoirs ».

Voir ses enfants grandir, s’intéresser, s’épanouir, retenir, lire et nous raconter ensuite, poser des questions, se passionner, maîtriser, c’est un émerveillement. Souvenez-vous du jour où il a dit « maman » pour la première fois. Du jour où elle a fait ses premiers pas. Du premier dessin qu’il a réalisé. De la première fois qu’elle a fait du vélo sans les stabilisateurs. C’est ça, l’IEF. C’est être là pour tous ces moments, et tous ceux qui leur ressemblent.

C’est aussi avoir conscience que le temps passe vite. Que même les choses contraignantes n’ont finalement été qu’un tout petit souffle dans notre vie. Que même si c’est parfois fatigant ou décourageant, cette période est un trésor durant lequel nos petits et moins petits se construisent, et qu’en être partie prenante est un vrai cadeau qui nous est fait.

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