Ecriture : la méthode Dumont

Voilà un moment que je souhaitais vous parler de cette découverte. Je commence par planter le décor.

A la rentrée 2016, nos deux grands ont un niveau assez faible en écriture manuscrite. Ils maîtrisent l’écriture en majuscules d’imprimerie, l’écriture des chiffres, mais le passage à l’écriture cursive est chaotique.

Notre aîné a des soucis en graphomotricité. Il a du mal à ajuster son geste d’écriture, la pression sur le crayon et le papier, et il se fatigue très vite. C’est une des conséquences du syndrome d’Asperger. Sa petite sœur présente aussi certaines difficultés pour ajuster la pression sur le papier, et une raideur dans le tracé. Bref, à 8 ans et 6 ans et demi, ils sont assez mal à l’aise avec l’écriture.

Après avoir essayé diverses méthodes au fil du temps pour arranger les choses, et leur permettre de progresser, je suis tombée sur la méthode Danièle Dumont.

Danièle Dumont est l’auteur du livre « Le geste d’écriture », docteur en sciences du langage, enseignante en pédagogie de l’écriture et en rééducation graphique.

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Dans son ouvrage, elle expose ses recherches et son expérience et propose une méthode d’apprentissage de l’écriture (qui peut aussi servir de remédiation au besoin) basée sur des principes simples, mais très efficaces. L’idée majeure est de ne pas borner l’apprentissage de l’écriture à la reproduction d’un modèle parfait, mais de permettre à l’enfant d’acquérir un geste d’écriture satisfaisant, qui fasse sens pour lui. Le corollaire est que le développement de l’écriture doit pouvoir se faire dans la joie et la réussite. La méthode est très complète, elle aborde la latéralisation, la tenue du crayon, la gestion de l’espace, la position du corps, aussi bien que le tracé lui-même, l’accès au sens de l’écrit, ou la forme des majuscules.

Certes, ce livre représente un investissement, mais il me semble une base incontournable pour utiliser correctement la méthode et toutes sa profondeur, toutes ses possibilités. Il ne s’agit en effet pas d’une simple « méthode d’écriture », cela va plus loin. La lecture n’est pas rébarbative (au contraire), et on apprend une foule de choses passionnantes.

Pour en savoir plus, je vous invite à visiter le site de Danièle Dumont : legestedecriture.fr

Edit : je m’aperçois que j’ai omis de vous signaler les vidéos réalisées par Danièle Dumont pour exposer sa méthode et ses applications. Elle y explicite aussi tout le travail préparatoire à l’écriture. Elles sont disponibles ici :

Ce qui me séduit dans la méthode :

  • l’idée que l’écriture est un moyen de communication : il s’agit d’écrire pour transmettre un message, se faire comprendre. On ne cherche pas à « dessiner » les letres ou les mots, mais à les écrire de façon satisfaisante, c’est-à-dire pour qu’ils soient compris par le lecteur.
  • l’idée que l’écriture n’est pas de la calligraphie : j’apprécie le fait que le tracé des lettres ne soit pas parfait, standardisé, réalisé par ordinateur. Les lettres sont « vraies », tracées à la main, toutes ne sont pas parfaitement identiques : cela laisse la liberté à l’enfant de ne pas devoir imiter le modèle « bêtement » mais plutôt comprendre le geste adéquat qui permet de tracer une lettre correctement. Cela laisse la place aux petites variations inévitables sans que cela soit considéré comme une erreur ou une imperfection à corriger.
  • la méthode est très progressive, elle ne met pas l’enfant en difficulté, elle s’appuie sur du concret et de l’acquis pour avancer (Danièle Dumont met l’accent sur le fait de ne pas brûler les étapes et de suivre la méthode dans l’ordre).
  • la taille des livrets de maternelle, bien adaptée aux enfants jeunes (qui peinent parfois à travailler sur du format A4).
  • la cohérence de l’ensemble. C’est un point capital pour moi, de sentir que le sujet a été pensé, réfléchi, et que les théories exposées trouvent très naturellement leur expression concrète dans les exercices proposés.
  • le fait que l’on travaille avec sérieux mais dans une ambiance détendue. L’exigence est là, mais la façon d’aborder les choses est agréable et souvent ludique. Le mot de « plaisir » revient souvent dans l’ouvrage de Danièle Dumont, et ce n’est pas un hasard.

 

Concrètement, qu’avons-nous utilisé ?

Nous avons commencé par des exercices de motricité fine et d’assouplissement (des doigts et des poignets, notamment), comme le préconise la méthode.

Nous avons assez vite entamé le travail sur le livret n°1 de maternelle.

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Ce livret est en deux parties (« latéralité et tenue de crayon » et « gestion de l’espace graphique »), que nous avons travaillées en parallèle, en général une page de chaque partie par séance. L’auteur précise que chaque page comportant deux consignes, on peut proposer une séance par consigne. Si cela me semble adapté à des enfants de moyenne section, pour des enfants plus grands, je ne pense pas que cela soit utile.

Une fois ce premier livret maîtrisé, on peut passer en fait au livret CP n°1 « Apprentissage ».

 

Il se trouve qu’ayant investi dans les autres livrets de maternelle, j’ai souhaité poursuivre avec ceux-ci, dans l’idée aussi de bien asseoir les bases, notamment auprès de notre aîné, qui a toujours des difficultés à ajuster la pression sur le crayon et le papier, mais aussi pour donner confiance à notre fille, qui doute encore de sa capacité à bien écrire en cursives.

Nous en sommes donc à travailler le livret de maternelle n°2, « Les formes de base ».

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Ce livret permet de maîtriser les formes basiques que l’on retrouve dans chaque lettre, soit seules, soit associées entre elles. Nous avançons vite sur ce livret, les enfants se voient progresser rapidement, ce qui leur donne confiance en eux, et envie d’en apprendre davantage.

Je pense ensuite utiliser le livret n°3 de maternelle (« L’écriture courante ») en parallèle avec le livret n°1 de CP (« Apprentissage »), puis les livrets n°2 et ensuite n°3 de CP (« Perfectionnement » et « Majuscules »).

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Remarque : il existe des livrets adaptés aux plus grands (« école/collège », ou « collège »), je ne peux pas vous en parler, puisque je ne les ai pas eus en main, mais s’ils sont au niveau des livrets de maternelle et primaire, vous pouvez les acheter les yeux fermés. De même, je ne peux rien vous dire des livrets « Le loup » ou « Le cirque ». Je ne les ai pas commandés, j’avais peur que ce soit redondant avec les livrets de base, et un peu gadget, pour être honnête… Si vous avez des informations sur ces différents livrets, n’hésitez pas à laisser un commentaire. 😉

Ce que je retiens pour l’enseignement de l’écriture à notre benjamin :

  • je prête une grande attention à la façon dont il se tient quand il dessine, colorie, et à sa façon de tenir le crayon.
  • je cherche à développer au maximum sa motricité fine, à augmenter la souplesse de son poignet et de ses doigts.
  • les exercices de « graphisme » soit disant préparatoires à l’écriture ne servent à rien (en tout cas, pas à mieux écrire).
  • je ne pense pas faire l’impasse sur l’apprentissage de l’écriture des majuscules d’imprimerie, qui sont utiles et permettent de s’exprimer à l’écrit assez facilement et rapidement, en attendant d’acquérir la dextérité nécessaire à l’écriture cursive.
  • je commencerai le livret n°1 de maternelle quand il aura 5 ans et demi, et j’enchaînerai avec le livret n°2 de maternelle, puis les trois livrets de CP.

 

En fouillant les sites des librairies, j’ai aussi trouvé deux livrets réalisés par Danièle Dumont pour les éditions Belin, adaptés pour les enfants de 5 à 6 ans (grande section), et aussi bien aux droitiers qu’aux gauchers.

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  • « J’apprends à bien tenir mon crayon », qui donne toutes les clés pour une bonne position d’écriture, en passant par le dessin et le coloriage.
  • « J’apprends à tracer les lettres capitales », qui passe aussi par le dessin et le coloriage pour mener l’enfant vers les tracés des majuscules d’imprimerie.

J’utiliserai sans doute ces livrets d’ici peu (notre fils aura 4 ans et demi dans un mois), pour entrer en douceur dans la méthode, et assurer une bonne tenue du crayon à notre petit dernier. Cependant, le premier livret peut à mon avis être utile jusqu’à 7-8 ans pour un enfant qui tient mal son crayon, ou positionne mal sa main pour écrire.

Les liens pour vous procurer les ouvrages (cliquez pour accéder aux liens):

 

A noter : il est possible de trouver, via le site de Danièle Dumont dont le lien est donné plus haut dans l’article, des graphothérapeutes formés à cette méthode, en vue d’une rééducation.

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4 réflexions sur “Ecriture : la méthode Dumont

  1. Bonsoir!

    Moi aussi j’ai découvert les écrits de cette personne il y a quelque temps et j’ai acheté les livrets « Remediation » et « Perfectionnement » pour mes enfants. Je vois des progrès, j’en suis contente.

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