L’IEF avec un enfant Asperger

Le syndrome d’Asperger est un trouble du spectre autistique. Il concerne des enfants qui présentent des traits autistiques (communication particulière, comportements stéréotypés, rigidité et attachement aux routines, difficulté à entrer en relation de façon ordinaire), sans déficience intellectuelle, ni trouble du langage.

Pour en savoir plus sur cet aspect de l’autisme, je vous invite à consulter cette page et à télécharger éventuellement ce document très complet et accessible : le syndrome d’Asperger chez l’enfant.

Le syndrome d’Asperger n’est pas une maladie (ça ne « s’attrape » pas et on n’en « guérit » pas), c’est un état, une condition. Il ne disparaît pas à l’âge adulte, on apprend à faire avec.

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Pour retrouver cette affiche : clic.

Notre fils aîné a été diagnostiqué Asperger à l’âge de 7 ans. Nous avions déjà fait le choix de l’IEF, ce qui nous différencie d’autres familles, où la déscolarisation intervient suite au diagnostic ou à des soucis à l’école.

Cependant, les difficultés dans la socialisation et la communication étant centraux dans le syndrome, et les autistes Asperger apprenant en partie ces habiletés par l’imitation des pairs, la question d’une scolarisation de notre fils s’est posée.

Après nous être informés auprès de diverses sources, nous avons décidé de continuer l’IEF, pour lui comme pour sa sœur et son frère (qui ne sont pas autistes).

Je vous propose de vous exposer brièvement les raisons de ce choix, qui va un peu à contre-courant des démarches d’associations qui militent activement pour l’inclusion scolaire des enfants autistes.

  • L’énergie dépensée pour la socialisation et la concentration n’est plus disponible pour les apprentissages.

Les personnes Asperger sont très sensibles à la fatigue, et la plupart présente des particularités sensorielles (hypersensibilité au bruit, à la lumière…). Se trouver pendant 6 à 8 heures en groupe, dans des classes souvent bruyantes, à devoir gérer les interactions sociales, à s’adapter au rythme du groupe, à ne pouvoir s’isoler, est coûteux en énergie pour les enfants, et peut nuire à la concentration et à la qualité de l’apprentissage. En IEF, l’énergie est totalement centrée sur les apprentissages.

  • Les enfants Asperger ont besoin de temps de repos adaptés.

Après une période de socialisation, ou un temps dans le bruit, une personne Asperger aura besoin d’un temps plus ou moins long à l’écart, dans le silence le plus souvent, pour pouvoir se ressourcer. D’autant que des troubles du sommeil sont souvent associés au syndrome, et que les efforts au niveau psychomoteur fatiguent rapidement l’enfant. L’IEF permet de s’adapter au mieux au rythme de l’enfant et à ses besoins de repos, de récupération.

  • Les enfants Asperger ont souvent des troubles associés qui sont plus facilement pris en compte et en charge en IEF.

Le TDA/h (trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité), les « dys- » (dyslexie, dyspraxie, principalement), les TOC, l’épilepsie, ou des troubles de la coordination et de la motricité fine (entraînant des problèmes pour la maîtrise de l’écriture, notamment), les troubles associés au syndrome sont fréquents, et compliquent encore la scolarisation (nécessitant souvent une AVS qu’on a bien de la peine à obtenir, et qui est rarement formée de façon spécifique). En IEF, il est possible de composer avec ces troubles de façon beaucoup plus souple, et de faire progresser l’enfant à petits pas. En outre, il devient aussi plus facile de trouver des créneaux pour les rendez-vous chez les spécialistes (orthophoniste, psychomotricité, etc).

  • Les apprentissages peuvent s’appuyer sur les intérêts spécifiques de l’enfant.

Les personnes Asperger se caractérisent souvent par un (ou plusieurs) intérêt(s) particulier(s), c’est-à-dire qu’ils ont un sujet de prédilection sur lequel ils aiment se documenter de façon assez pointue, ou une activité qu’ils aiment pratiquer très régulièrement. Ce sujet peut facilement en IEF devenir la base d’apprentissages (formels ou non) qui vont motiver l’enfant de façon particulière.

  • La socialisation « forcée » n’est pas productive.

J’en ai parlé plus haut, se trouver enfermé plusieurs heures avec plus de 25 enfants peut être une épreuve pénible pour un enfant Asperger. En IEF, il devient possible de gérer une socialisation « à doses adaptées ». Si vous avez plusieurs enfants, ils sont de fait socialisés. Il n’est pas question de ne voir que sa famille, bien sûr, mais de pouvoir choisir le rythme de socialisation. Rencontrer peut-être un seul autre enfant au début, pour faire connaissance, faire des sorties en petits groupes, pour apprivoiser le fait de se trouver « en bande ». Retrouver aussi d’autres enfants dans un cadre défini (un cours de musique, par exemple) peut contribuer à apaiser l’angoisse qui peut naître d’une situation un peu floue, où l’enfant ne sait pas ce qu’il est censé faire. Et puis, la socialisation, c’est aussi rencontrer d’autres personnes (pas seulement des enfants de son âge) : apprendre à aller du pain, discuter avec le bibliothécaire, échanger quelques mots avec le facteur… En IEF, l’enfant pourra aller à son rythme et ne sera pas envahi par les contacts sociaux.

  • L’enfant Asperger a une façon particulière d’apprendre et de progresser.

Le style d’apprentissage de l’enfant autiste est particulier, il apprend à un rythme spécifique, il a souvent une angoisse face à l’échec (ce qui l’amène à refuser certains exercices par peur de ne pas les réussir), il a besoin que les consignes soient énoncées de façon particulière. Il peut aussi progresser très vite dans certains domaines, et beaucoup plus lentement dans d’autres. L’IEF permet de s’adapter facilement à toutes ces particularités. On peut se permettre de suivre des niveaux différents, de laisser un temps de côté ce qui coince, d’y revenir plus tard, ou de s’y attarder, passer plus vite sur ce qui est déjà maîtrisé…

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Pour toutes ces raisons, de nombreuses familles aux Etats-Unis, au Canada ou ailleurs choisissent l’IEF pour leurs enfants.

Le rythme et les exigences adaptées permettent de progresser en douceur, de travailler avec les forces de l’enfant tout en tenant compte de ses limites (qui ne sont pas gravées dans le marbre, et que l’on peut aussi faire reculer, peu à peu). Il y a déjà tant de défis dans le quotidien d’un enfant Asperger que je trouve que le milieu scolaire représente un challenge épuisant et inutile (sauf dans le cas d’une école « différente », prête à s’adapter, avec un effectif réduit, et des enseignants ouverts et formés).

Je sais que les associations militent pour l’inclusion scolaire, c’est une demande pressante de leur part, et je la respecte en même temps que je la comprends. 20% seulement des enfants autistes ont accès à la scolarisation, une grande partie de ces enfants est tout simplement priée de se cacher et de débarrasser le plancher, ce qui est inacceptable. Il faut bien exiger fortement que l’inclusion soit possible, naturelle, simplement pour que l’IEF reste ce qu’elle doit être : un choix libre. Pas question d’imposer l’IEF à une famille, sous prétexte que son enfant est inadapté à une classe ordinaire.

Cependant, je pense que dans le cas de beaucoup d’enfants Asperger (et en l’absence de formation en d’information des enseignants), l’IEF peut être une solution idéale.

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L’apprentissage se fait, l’observation aussi, l’imitation se met en place lors des événements normaux d’une vie d’enfant (activités en famille ou avec d’autres personnes, sorties, vie quotidienne), le tout dans un cadre connu et rassurant, et en compagnie des personnes qui connaissent le mieux l’enfant et ses besoins. Que demander de mieux ?

 

EDIT : Je me rends compte que mon article ne parle que très peu des points forts des enfants Asperger… Le syndrome n’est pas qu’un ensemble de déficiences, c’est une façon différente de fonctionner et de penser. Si l’on est loin du cliché de l’autiste « génie », les personnes Asperger présentent souvent des aptitudes particulières dans certains domaines… comme tous les enfants ! Si votre enfant vient de recevoir ce diagnostic, pas de panique, le chemin sera sans nul doute différent, mais pas moins beau ni riche.

 

Un article, sur le blog « Petits Homeschoolers », qui évoque l’IEF sous l’angle de la pédagogie Charlotte Mason : La pédagogie Charlotte Mason et les enfants Asperger.

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Les Journées Européennes des Métiers d’Art – édition 2017

Du vendredi 31 mars au dimanche 2 avril 2017 se tiennent les 11e Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA).

Partout en Europe, des ateliers ouvrent leurs portes pour des visites (voire parfois des ateliers), et des expositions sont organisées. Bien sûr, tout cela est gratuit, et destiné à faire connaître ces métiers particuliers au public, et pourquoi pas susciter des vocations.

L’an dernier, nous avions visité en famille l’atelier d’un luthier de guitares électriques, Eddy Gillon, qui nous a fait visiter son atelier, expliqué par le menu comment il travaille, choisit le bois, dessine puis découpe les morceaux qui une fois assemblés formeront l’instrument, comment il les teinte, les ponce, pose les cordes… Une immersion qui a fait rêvé les enfants et nous a appris beaucoup de choses sur ce métier.

Le lendemain, nous nous étions rendu à la Halle de Sens où nous avions rencontré plusieurs artisans, relieurs, doreur, luthiers, sabotier, forgeron, accordeur de piano, sculpteurs, céramiste… Là encore l’occasion de découvrir des gestes, des outils, et d’apprendre comment ces personnes travaillent.

Cette année, nous comptons bien renouveler cette belle expérience, et je vous invite à visiter le site des JEMA pour trouver un atelier ouvert près de chez vous : JEMA 2017. 6195 manifestations sont prévues en France, vous devriez trouver votre bonheur. 😉

Bonnes visites et bonnes découvertes !

 

EXO-ISS (1) : des expériences scientifiques sur Terre et dans l’espace

Si vous avez lu mes précédents articles, vous savez déjà que nous avions postulé il y a quelques semaines pour participer à l’opération EXO-ISS. Je propose de vous en dire un peu plus et de vous faire vivre cette aventure au travers d’une série d’articles.

EXO-ISS, c’est quoi ?

A bord de l’ISS, l’astronaute Thomas Pesquet doit mettre en oeuvre au cours de sa mission (baptisée Proxima) diverses expérimentations, dont les résultats sont analysés au sol, puis utilisés dans des programmes variés (physique, médecine, sécurité, agronomie, etc). Ces expériences sont réalisées pour l’ESA, l’Agence Spatiale Européenne (oui, c’est notre NASA à nous !).

Le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) est l’organisme qui met en oeuvre la politique spatiale française. Son service Education Jeunesse a lancé un appel à projets début 2015 auprès des lycées français : imaginer une expérience qui permette de comprendre l’influence de la micropesanteur. 3 expériences, fruit du travail de 5 lycées, avec le CADMOS ( Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) ont été retenues et embarquées à bord de l’ISS, afin d’être réalisées par Thomas Pesquet.

Le projet ne s’arrête pas là, puisque le CNES a réalisé et distribué auprès de 1300 établissements scolaires des kit permettant de réaliser ces mêmes expériences, dans le but d’en comparer les résultats avec ceux obtenus à bord.

En tant que famille en IEF, j’ai demandé à recevoir ce kit, imitée par d’autres familles. Nous sommes plusieurs familles à avoir eu la chance d’être retenues pour participer à ce projet.

Le kit

Nous avons reçu notre kit envoyé par le CNES, et découvert les boîtes contenant le matériel nécessaire à chaque expérience. Nous avons retrouvé la conception « minimaliste » et l’économie de place qui est de rigueur pour tout ce qui voyage dans l’espace. 🙂

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Les expériences

3 thématiques sont explorées.

  • CERES vise à étudier la croissance des plantes
  • crISStal s’intéresse à la croissance des cristaux
  • catlISS examine la réaction enzymatique en jeu dans la digestion

Pour en savoir plus sur ces expériences et le travail réalisé par les lycéens pour les mettre au point, je vous conseille cette vidéo : clic. Vous pouvez également trouver des informations sur les expériences sur cette page du site du CNES.

Le protocole expérimental nous est expliqué par des documents fournis par le CNES. Des idées pour réaliser d’autres expériences sur les mêmes thèmes pour compléter les connaissances et l’exploration de ces domaines se trouvent aussi dans ces documents.

On trouve des expériences s’adressant aux 8-12 ans et aux 12-15 ans, avec des niveaux de difficulté et de connaissances préalables variables.

La mise en oeuvre des expériences va en fait permettre aux enfants de se familiariser avec la démarche scientifique, ainsi qu’avec son vocabulaire, autant qu’avec les domaines étudiés.

L’idée était de réaliser en parallèle les expériences dans l’ISS et sur Terre, mais pour notre part, nous n’avons reçu le kit que le 22 mars (hier), donc nous ferons l’expérience avec un léger décalage.

 

La mise en oeuvre

Une vidéo de lancement a été réalisée par Thomas Pesquet, et diffusée le 20 mars. Voir les yeux ronds des enfants, à la fois impressionnés et ravis, devant leur astronaute préféré s’adressant directement « à eux » était un grand moment.

Nous allons commencer la mise en place des expériences CERES et crISStal dès aujourd’hui.

Vous pourrez suivre l’évolution de nos expérimentations sur ce blog, et je vous invite à jeter un oeil au site du CNES qui propose lui aussi un suivi des expériences dans l’ISS et sur Terre (en bas de page). 🙂

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En attendant, nous nous préparons déjà à suivre demain la seconde EVA (sortie extra-véhiculaire) de Thomas Pesquet, rediffusée en direct, bien sûr. 🙂

Cette sortie de Thomas Pesquet et Shane Kimbrough est à suivre à partir de 13 heures (heure française), et durera environ 6h30.

C’est à suivre ici, et je vous recommande vraiment d’essayer d’être là un peu avant l’heure prévue, pour suivre la fin de la préparation des astronautes, et surtout le moment très émouvant et impressionnant où ils sortent dans l’espace. 😉

 

 

 

Ecriture : la méthode Dumont

Voilà un moment que je souhaitais vous parler de cette découverte. Je commence par planter le décor.

A la rentrée 2016, nos deux grands ont un niveau assez faible en écriture manuscrite. Ils maîtrisent l’écriture en majuscules d’imprimerie, l’écriture des chiffres, mais le passage à l’écriture cursive est chaotique.

Notre aîné a des soucis en graphomotricité. Il a du mal à ajuster son geste d’écriture, la pression sur le crayon et le papier, et il se fatigue très vite. C’est une des conséquences du syndrome d’Asperger. Sa petite sœur présente aussi certaines difficultés pour ajuster la pression sur le papier, et une raideur dans le tracé. Bref, à 8 ans et 6 ans et demi, ils sont assez mal à l’aise avec l’écriture.

Après avoir essayé diverses méthodes au fil du temps pour arranger les choses, et leur permettre de progresser, je suis tombée sur la méthode Danièle Dumont.

Danièle Dumont est l’auteur du livre « Le geste d’écriture », docteur en sciences du langage, enseignante en pédagogie de l’écriture et en rééducation graphique.

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Dans son ouvrage, elle expose ses recherches et son expérience et propose une méthode d’apprentissage de l’écriture (qui peut aussi servir de remédiation au besoin) basée sur des principes simples, mais très efficaces. L’idée majeure est de ne pas borner l’apprentissage de l’écriture à la reproduction d’un modèle parfait, mais de permettre à l’enfant d’acquérir un geste d’écriture satisfaisant, qui fasse sens pour lui. Le corollaire est que le développement de l’écriture doit pouvoir se faire dans la joie et la réussite. La méthode est très complète, elle aborde la latéralisation, la tenue du crayon, la gestion de l’espace, la position du corps, aussi bien que le tracé lui-même, l’accès au sens de l’écrit, ou la forme des majuscules.

Certes, ce livre représente un investissement, mais il me semble une base incontournable pour utiliser correctement la méthode et toutes sa profondeur, toutes ses possibilités. Il ne s’agit en effet pas d’une simple « méthode d’écriture », cela va plus loin. La lecture n’est pas rébarbative (au contraire), et on apprend une foule de choses passionnantes.

Pour en savoir plus, je vous invite à visiter le site de Danièle Dumont : legestedecriture.fr

Edit : je m’aperçois que j’ai omis de vous signaler les vidéos réalisées par Danièle Dumont pour exposer sa méthode et ses applications. Elle y explicite aussi tout le travail préparatoire à l’écriture. Elles sont disponibles ici :

Ce qui me séduit dans la méthode :

  • l’idée que l’écriture est un moyen de communication : il s’agit d’écrire pour transmettre un message, se faire comprendre. On ne cherche pas à « dessiner » les letres ou les mots, mais à les écrire de façon satisfaisante, c’est-à-dire pour qu’ils soient compris par le lecteur.
  • l’idée que l’écriture n’est pas de la calligraphie : j’apprécie le fait que le tracé des lettres ne soit pas parfait, standardisé, réalisé par ordinateur. Les lettres sont « vraies », tracées à la main, toutes ne sont pas parfaitement identiques : cela laisse la liberté à l’enfant de ne pas devoir imiter le modèle « bêtement » mais plutôt comprendre le geste adéquat qui permet de tracer une lettre correctement. Cela laisse la place aux petites variations inévitables sans que cela soit considéré comme une erreur ou une imperfection à corriger.
  • la méthode est très progressive, elle ne met pas l’enfant en difficulté, elle s’appuie sur du concret et de l’acquis pour avancer (Danièle Dumont met l’accent sur le fait de ne pas brûler les étapes et de suivre la méthode dans l’ordre).
  • la taille des livrets de maternelle, bien adaptée aux enfants jeunes (qui peinent parfois à travailler sur du format A4).
  • la cohérence de l’ensemble. C’est un point capital pour moi, de sentir que le sujet a été pensé, réfléchi, et que les théories exposées trouvent très naturellement leur expression concrète dans les exercices proposés.
  • le fait que l’on travaille avec sérieux mais dans une ambiance détendue. L’exigence est là, mais la façon d’aborder les choses est agréable et souvent ludique. Le mot de « plaisir » revient souvent dans l’ouvrage de Danièle Dumont, et ce n’est pas un hasard.

 

Concrètement, qu’avons-nous utilisé ?

Nous avons commencé par des exercices de motricité fine et d’assouplissement (des doigts et des poignets, notamment), comme le préconise la méthode.

Nous avons assez vite entamé le travail sur le livret n°1 de maternelle.

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Ce livret est en deux parties (« latéralité et tenue de crayon » et « gestion de l’espace graphique »), que nous avons travaillées en parallèle, en général une page de chaque partie par séance. L’auteur précise que chaque page comportant deux consignes, on peut proposer une séance par consigne. Si cela me semble adapté à des enfants de moyenne section, pour des enfants plus grands, je ne pense pas que cela soit utile.

Une fois ce premier livret maîtrisé, on peut passer en fait au livret CP n°1 « Apprentissage ».

 

Il se trouve qu’ayant investi dans les autres livrets de maternelle, j’ai souhaité poursuivre avec ceux-ci, dans l’idée aussi de bien asseoir les bases, notamment auprès de notre aîné, qui a toujours des difficultés à ajuster la pression sur le crayon et le papier, mais aussi pour donner confiance à notre fille, qui doute encore de sa capacité à bien écrire en cursives.

Nous en sommes donc à travailler le livret de maternelle n°2, « Les formes de base ».

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Ce livret permet de maîtriser les formes basiques que l’on retrouve dans chaque lettre, soit seules, soit associées entre elles. Nous avançons vite sur ce livret, les enfants se voient progresser rapidement, ce qui leur donne confiance en eux, et envie d’en apprendre davantage.

Je pense ensuite utiliser le livret n°3 de maternelle (« L’écriture courante ») en parallèle avec le livret n°1 de CP (« Apprentissage »), puis les livrets n°2 et ensuite n°3 de CP (« Perfectionnement » et « Majuscules »).

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Remarque : il existe des livrets adaptés aux plus grands (« école/collège », ou « collège »), je ne peux pas vous en parler, puisque je ne les ai pas eus en main, mais s’ils sont au niveau des livrets de maternelle et primaire, vous pouvez les acheter les yeux fermés. De même, je ne peux rien vous dire des livrets « Le loup » ou « Le cirque ». Je ne les ai pas commandés, j’avais peur que ce soit redondant avec les livrets de base, et un peu gadget, pour être honnête… Si vous avez des informations sur ces différents livrets, n’hésitez pas à laisser un commentaire. 😉

Ce que je retiens pour l’enseignement de l’écriture à notre benjamin :

  • je prête une grande attention à la façon dont il se tient quand il dessine, colorie, et à sa façon de tenir le crayon.
  • je cherche à développer au maximum sa motricité fine, à augmenter la souplesse de son poignet et de ses doigts.
  • les exercices de « graphisme » soit disant préparatoires à l’écriture ne servent à rien (en tout cas, pas à mieux écrire).
  • je ne pense pas faire l’impasse sur l’apprentissage de l’écriture des majuscules d’imprimerie, qui sont utiles et permettent de s’exprimer à l’écrit assez facilement et rapidement, en attendant d’acquérir la dextérité nécessaire à l’écriture cursive.
  • je commencerai le livret n°1 de maternelle quand il aura 5 ans et demi, et j’enchaînerai avec le livret n°2 de maternelle, puis les trois livrets de CP.

 

En fouillant les sites des librairies, j’ai aussi trouvé deux livrets réalisés par Danièle Dumont pour les éditions Belin, adaptés pour les enfants de 5 à 6 ans (grande section), et aussi bien aux droitiers qu’aux gauchers.

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  • « J’apprends à bien tenir mon crayon », qui donne toutes les clés pour une bonne position d’écriture, en passant par le dessin et le coloriage.
  • « J’apprends à tracer les lettres capitales », qui passe aussi par le dessin et le coloriage pour mener l’enfant vers les tracés des majuscules d’imprimerie.

J’utiliserai sans doute ces livrets d’ici peu (notre fils aura 4 ans et demi dans un mois), pour entrer en douceur dans la méthode, et assurer une bonne tenue du crayon à notre petit dernier. Cependant, le premier livret peut à mon avis être utile jusqu’à 7-8 ans pour un enfant qui tient mal son crayon, ou positionne mal sa main pour écrire.

Les liens pour vous procurer les ouvrages (cliquez pour accéder aux liens):

 

A noter : il est possible de trouver, via le site de Danièle Dumont dont le lien est donné plus haut dans l’article, des graphothérapeutes formés à cette méthode, en vue d’une rééducation.

Esprit critique (3) : le cas particulier de l’Histoire et des sciences humaines et sociales

Il y a quelques mois, suite à une petite phrase d’un homme politique sur l’enseignement de l’Histoire et sa référence à « nos ancêtres les Gaulois », j’ai été surprise de voir tomber des nues un pourcentage non négligeable de parents instructeurs, perdus de ne plus savoir ce qu’ils devaient enseigner à leur enfant, déstabilisés d’apprendre que ce qu’ils avaient eux-mêmes appris et à quoi ils se fiaient, était au mieux une image d’Épinal, un raccourci destiné à offrir un point d’appui à l’imagination enfantine, au pire un mensonge, une manipulation éhontée à des fins d’exaltation patriotique*.

Dans le domaine de l’Histoire, dès qu’on sort du confort des dates (et encore !), il faut savoir qu’on se trouve dans un amas de points de vue subjectifs, de récits partiels et partiaux, se rendre compte que « tout » ne peut pas être su, raconté, appréhendé, et surtout que tout point ou presque peut être remis en cause, réévalué, questionné.

Non, l’Histoire n’est pas une suite de faits clairement établis, objectivement relatés, et qui ne se discutent pas. Loin de là !

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L’Histoire, c’est un récit. Ou plutôt des récits, qui se complètent, se confrontent, se contredisent, parfois. Ce sont des bribes, des extraits, des opinions, des points de vue, qui tentent de s’imposer comme LA vérité sur des faits ou des personnes.

C’est bien connu, selon que l’on écoute tel ou tel témoin d’une scène, les récits seront différents, du fait de la subjectivité de ces témoins. On ne sera pas attentifs aux mêmes détails, on n’aura pas le même point de vue sur une scène, on n’interprétera pas les choses ou les paroles de la même façon. Notre façon de raconter sera influencée par notre propre histoire, notre vie, nos idées, nos centres d’intérêts, et surtout le but recherché.

C’est là que se situe bien souvent le fond du problème. Si tout le monde s’accorde assez volontiers pour dire qu’il est compliqué de savoir comment un événement s’est réellement déroulé, et pour reconnaître que celui qui le rapporte se donne souvent le beau rôle, il devient plus délicat en revanche de faire admettre aux uns et aux autres que le récit a toujours un but, et que c’est précisément de ce but que va dépendre en grande partie la façon dont les événements vont être racontés.

Il faut essayer de cerner le contexte et le but de l’orateur, de l’auteur ou de l’historien qui choisit, organise et interprète les documents pour avoir un peu de recul sur ce qui est relaté et ce que cela implique. Cherche-t-on à magnifier un souverain ? A jeter le discrédit sur un adversaire ? A fédérer un peuple autour de valeurs communes ? A enjoliver les souvenirs d’une période qu’on souhaite présenter comme un âge d’or ? A engendrer la peur pour se poser en protecteur ou en libérateur ?

Toutes les intentions ne sont pas honnêtes et louables, et l’Histoire et son enseignement servent trop souvent à la manipulation des peuples. Il en va de même pour une grande partie des sciences humaines et sociales, d’ailleurs.

Chaque fois que vous ouvrez un livre d’histoire, de sociologie, de philosophie, vous n’y trouvez qu’une partie de la réalité, qu’un point de vue, qu’un récit plus ou moins subjectif. Bien sûr, les auteurs les plus honnêtes le préciseront d’emblée. Ils annonceront clairement cet état de fait, ou expliqueront comment ils ont essayé de lutter contre cette subjectivité. Des méthodes existent, qui se rapprochent des méthodes scientifiques ou les reprennent, pour donner plus d’objectivité, coller aux faits et éviter les dérives. Cependant, même avec les meilleures intentions du monde, une discipline qui se construit par le récit et l’interprétation ne peut être totalement objective. A nous de ne pas l’oublier.

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Se poser la question du point de vue, toujours.

Multipliez les sources, confrontez les points de vue, ne vous contentez pas d’une version. Si plusieurs sources identifiées comme sérieuses semblent aller dans le même sens, vous pouvez commencer à vous y fier. Dans tous les cas, ne prenez pas pour argent comptant tel point de vue, telle déclaration. Voyez qui parle. Demandez-vous en premier lieu si cette personne maîtrise son sujet. Demandez-vous ensuite à qui elle s’adresse, et dans quelle optique. Ces trois questions simples permettent déjà de faire mine de rien un bon tri dans pas mal des informations qui circulent dans les médias et sur le net. De même pour les ouvrages de référence que vous souhaitez utiliser. Renseignez-vous sur leur sérieux, cherchez quelques informations sur l’auteur (formation, domaine d’expertise, idées politiques), demandez conseil à des personnes plus expérimentées. Vous y passerez un peu de temps, mais cela vaut l’investissement.

Tout ouvrage touchant à ces domaines des sciences humaines et sociales sera en partie subjectif, mais le simple fait d’en être conscient vous aidera à ne pas vous y limiter et à apporter d’autres sources complémentaires, parfois contradictoires, qui créeront un climat propice à l’exercice de la réflexion, de l’esprit critique, de l’analyse, de la synthèse et participeront à l’envie de creuser et de mieux saisir les tenants et aboutissants du sujet. De quoi faire des leçons d’histoire un temps privilégié pour la formation d’un esprit sain. 😉

Pour compléter cet article, je vous invite à jeter un œil sur les vidéos suivantes :

*  Remarque : sur la question spécifique de « nos ancêtres les Gaulois », vous pouvez visionner ces deux liens. 😉

Esprit critique (2) : comment reconnaître un travail sérieux

Nous avons abordé dans l’article précédent l’idée de faire le tri dans les sources disponibles, notamment sur Internet. Devant la multiplication des blogs, podcasts et chaînes dits « de vulgarisation », il devient compliqué de prendre la mesure du sérieux du contenu et de l’honnêteté intellectuelle de l’auteur.

La plus sûre façon de savoir si un auteur (blogueur, vidéaste, essayiste…) est honnête, c’est de l’écouter parler lui-même de la façon dont il voit son domaine et sa « mission ». Le mot peut paraître pompeux, mais lorsqu’on souhaite transmettre du savoir, on se doit à mon sens d’avoir réfléchi à sa démarche et à la façon dont on pense procéder.

Clairement, dès qu’une personne assène de grandes déclarations, ne cite pas ses sources, n’invite pas à se documenter plus avant sur le sujet ou ne se remet pas en cause suite aux critiques étayées, vous pouvez passer votre chemin.

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Quelques pistes pour reconnaître un travail sérieux :

  • L’auteur évite les titres « chocs », les phrases d’accroche ou les photos jouant sur l’émotionnel

Un titre sensationnaliste, une photo qui joue sur la corde sensible, il est facile d’attirer le lecteur ou le spectateur. Il est facile aussi de faire oublier que le travail ne s’appuie pas sur des faits objectifs mais sur un ressenti, une opinion personnelle. Je n’ai rien contre les personnes qui exposent leurs opinions, mais lorsque cela est présenté comme une recherche documentée et étayée, alors que c’est faux, ce n’est rien d’autre qu’une tromperie. Un travail sérieux n’a pas besoin de recourir à des stratagèmes éditoriaux discutables pour trouver son public.

  • L’auteur est clair sur sa position et son parcours

Une personne honnête ne mentira pas ou ne sera pas évasive sur sa formation, son parcours professionnel, ou ses expériences. Rien ne dit qu’une personne autodidacte ne sera pas excellente dans un domaine particulier, mais la moindre des choses est de ne pas se faire passer pour ce que l’on n’est pas, dans le but de se donner de l’importance ou plus d’autorité. De nombreux YouTubeurs ou blogueurs parlent ainsi de disciplines dans lesquelles ils n’ont pas de diplômes institutionnels : pas de souci, du moment qu’ils ne se posent pas en spécialistes a priori de ces domaines et reconnaissent leurs limites.

  • L’auteur cite ses sources

C’est un point très important. Tout travail sérieux exige un minimum de recherches, surtout lorsque la personne parle hors de son champ d’expertise. La plupart des auteurs que je vous recommande cite volontiers les sources sur lesquelles est basé leur travail. Livres, documentaires, articles, conférences, peu importe, il faut pouvoir identifier d’où vient l’information, afin de pouvoir juger de son sérieux.

  • L’auteur corrige ses erreurs

C’est un autre point essentiel qui prouve l’humilité et l’honnêteté intellectuelle de l’auteur. L’erreur est humaine, il arrive à tout le monde d’en commettre. La moindre des choses est de corriger le contenu si celui-ci est erroné. Lorsque vous voyez par exemple une vidéo où s’incruste un message qui corrige ce que le vidéaste est en train d’énoncer, vous pouvez le prendre comme un indice de sérieux.

  • L’auteur invite à se documenter

Bien souvent, les articles ou vidéos sont trop courts pour pouvoir exposer toutes les subtilités d’un raisonnement, ou les divers points de vue sur un sujet précis. Inviter les lecteurs ou spectateurs à lire les sources ou à continuer les recherches auprès de tel autre auteur, ou sur tel thème voisin témoigne d’un souci de donner des clefs de compréhension et d’analyse solides. Cela montre aussi que l’auteur ne craint pas que l’on se fasse sa propre idée, ou que l’on remette ses propos en question.

  • L’auteur est ouvert à la discussion et aux critiques constructives

C’est la suite logique du point précédent. Un auteur sérieux et honnête sera toujours disponible pour une discussion constructive sur son travail. Si une personne ne répond à aucune critique (je parle de propos étayés sur le contenu de son travail, pas des critiques sur sa façon de s’habiller, bien sûr), supprime des commentaires qui le questionnent ou remettent en question sa démarche, ses conclusions, ou tourne simplement en dérision ses contradicteurs, vous pouvez être sûrs que vous avez affaire à une personne qui ne s’inquiète absolument pas de fournir un contenu honnête et sérieux.

  • L’auteur ne présente pas ses conclusions comme une vérité absolue

C’est le corollaire du point précédent. Toute personne honnête présentera toujours son travail dans un « contexte d’humilité », qui laissera la porte ouverte à la critique constructive. Tout le monde peut se tromper, omettre un détail, ou faire une faute de frappe. Les connaissances évoluent dans tous les domaines, et personne ne peut prétendre dominer à 100% un sujet, si érudit soit-il. Toute déclaration à l’emporte-pièce, toute généralisation, toute affirmation absolue doit faire dresser l’oreille et inciter à la prudence. L’auteur énonce-t-il une vérité scientifique ou son propre point de vue, sa conviction ?

  • Le travail de l’auteur est salué et recommandé par ses pairs

Voilà un point qui ne trompe pas. Lorsqu’une personne fait un travail de qualité, elle est connue dans son cercle et la plupart du temps citée en exemple. Être recommandé par une personne sérieuse vous donne une caution intellectuelle. Si un auteur que vous savez sérieux vous recommande un blog ou une chaîne, vous pouvez vous y fier sans trop de méfiance.

 

Ces quelques pistes permettent d’opérer un premier tri salutaire dans la masse d’informations disponibles. On y voit déjà plus clair.

Pour aider à finaliser le tri, vous pouvez vous appuyer sur les conseils de personnes déjà informées. Des démarches telles que celle de l’association « La Vidéothèque d’Alexandrie » sont précieuses. Cette association propose en effet de centraliser une liste d’auteurs de qualité proposant du contenu culturel sur Internet.

Sur YouTube, on trouve assez fréquemment des vidéos d’auteurs pratiquant la « vulgarisation » qui se questionnent au sujet de leur travail et la façon de le mener, sur l’honnêteté intellectuelle, la responsabilité de la transmission du savoir et de l’information (voir par exemple cette vidéo qui regroupe plusieurs auteurs).

Esprit critique (1) : garder l’œil ouvert

Suite à mes récents articles concernant des vidéos accessibles sur YouTube et des blogs s’y rapportant (ici et ici), je ressens le besoin de vous partager une de mes préoccupations, et de vous livrer ma réflexion à ce sujet.

Lorsqu’on désire se cultiver, et encore davantage lorsqu’on souhaite instruire ses enfants, nous éprouvons bien souvent le besoin de mener des recherches sur divers supports afin de combler nos lacunes, de remettre quelques idées en place, ou simplement d’éclaircir des détails restés mystérieux depuis qu’ils nous ont été enseignés, ou qui sont devenus brumeux avec le temps…

Se pose alors la question des sources. Dans notre monde moderne, nous avons la chance de pouvoir accéder à une quantité colossale d’informations à peu près aussi facilement qu’un écureuil peut trouver un arbre dans une forêt. Bibliothèques, médiathèques, télévision, radio, e-books (dont nombre de classiques gratuits ou presque), encyclopédies en ligne, blogs, vlogs, chaînes, conférences, podcasts, les occasions de trouver de l’information sont multiples et l’accès à cette information est d’une simplicité enfantine.

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Dans cette abondance, certains se régalent, et d’autres se perdent. Malgré la disponibilité et la multitude des ressources, vous le savez comme moi si vous fréquentez des groupes ou forums d’IEF, il ne se passe pas une journée sans qu’une maman (oui, ce sont souvent les mamans qui assurent l’instruction) ne vienne demander où trouver tel contenu, telle information, tel support. Parfois, on se demande pourquoi elle ne tape pas simplement sa requête sur un moteur de recherche qui lui permettra d’accéder en moins d’une seconde à une avalanche de réponses. En fait, la plupart du temps, elle l’a déjà fait. Mais elle reste perdue, car trop de résultats sont disponibles.

Un nouveau problème apparaît : comment faire le tri ? Comment savoir si ce qu’on a trouvé est correct ? Comment traquer les erreurs, les imprécisions ?

Même sur les sites officiels, même sur les blogs de professeurs, on trouve des fautes, des raccourcis, des coquilles ou des incohérences. Et je ne parle là que des domaines où l’erreur est facile à cerner, pour peu que l’on connaisse un peu son sujet. Il sera relativement aisé de comparer quelques données en physique ou en géographie, de refaire un calcul mathématique ou de vérifier une orthographe ou une date dans le dictionnaire. Mais lorsqu’on touche à des domaines davantage soumis à la subjectivité, tout devient bien moins évident. A moins d’être un spécialiste du domaine, comment juger (sans passer 6 mois à lire des ouvrages de référence) du bien fondé d’une affirmation sur tel auteur, tel courant de pensée, telle notion de philosophie ou de sociologie ? Comment démêler les arguments fondés des arguments abusifs ? Comment faire la part entre l’idéologie, le point de vue, la subjectivité et les affirmations basées sur une recherche rigoureuse et honnête ?

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Certains outils existent qui permettent de faciliter ce travail. On peut aussi recourir à un certain état d’esprit, à une méthodologie qui évite de tomber dans quelques pièges courants. La bonne nouvelle, c’est que cette petite gymnastique devient vite familière, et que, cerise sur le gâteau, certains blogs ou chaînes se consacrent pour partie ou entièrement à ce travail, et à nous donner les clefs pour le faire à notre tour.

Puisque je vous conseille moi-même de vous appuyer sur Internet pour trouver de quoi alimenter votre instruction, il me paraissait essentiel de vous donner aussi ces outils qui aident à garder l’œil ouvert et l’esprit alerte, afin de ne pas faire confiance à la première info venue, ou d’oublier de vérifier la justesse de certains faits, ou encore d’omettre de tenir compte de la subjectivité des auteurs. Comme je le disais, pour certaines disciplines, c’est relativement facile. Pour d’autres, cela demande un peu de pratique et acquérir les bons réflexes devient urgent si l’on a fréquemment recours à des sources multiples et souvent mal connues, dont il est délicat de juger du sérieux ou de l’objectivité.

Je vous propose donc un série de quelques articles, au rythme d’un par jour, afin de vous présenter cette démarche et les outils disponibles, et de vous orienter vers des liens qui pourront vous être utiles dans cette démarche critique.