L’IEF avec un enfant Asperger

Le syndrome d’Asperger est un trouble du spectre autistique. Il concerne des enfants qui présentent des traits autistiques (communication particulière, comportements stéréotypés, rigidité et attachement aux routines, difficulté à entrer en relation de façon ordinaire), sans déficience intellectuelle, ni trouble du langage.

Pour en savoir plus sur cet aspect de l’autisme, je vous invite à consulter cette page et à télécharger éventuellement ce document très complet et accessible : le syndrome d’Asperger chez l’enfant.

Le syndrome d’Asperger n’est pas une maladie (ça ne « s’attrape » pas et on n’en « guérit » pas), c’est un état, une condition. Il ne disparaît pas à l’âge adulte, on apprend à faire avec.

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Pour retrouver cette affiche : clic.

Notre fils aîné a été diagnostiqué Asperger à l’âge de 7 ans. Nous avions déjà fait le choix de l’IEF, ce qui nous différencie d’autres familles, où la déscolarisation intervient suite au diagnostic ou à des soucis à l’école.

Cependant, les difficultés dans la socialisation et la communication étant centraux dans le syndrome, et les autistes Asperger apprenant en partie ces habiletés par l’imitation des pairs, la question d’une scolarisation de notre fils s’est posée.

Après nous être informés auprès de diverses sources, nous avons décidé de continuer l’IEF, pour lui comme pour sa sœur et son frère (qui ne sont pas autistes).

Je vous propose de vous exposer brièvement les raisons de ce choix, qui va un peu à contre-courant des démarches d’associations qui militent activement pour l’inclusion scolaire des enfants autistes.

  • L’énergie dépensée pour la socialisation et la concentration n’est plus disponible pour les apprentissages.

Les personnes Asperger sont très sensibles à la fatigue, et la plupart présente des particularités sensorielles (hypersensibilité au bruit, à la lumière…). Se trouver pendant 6 à 8 heures en groupe, dans des classes souvent bruyantes, à devoir gérer les interactions sociales, à s’adapter au rythme du groupe, à ne pouvoir s’isoler, est coûteux en énergie pour les enfants, et peut nuire à la concentration et à la qualité de l’apprentissage. En IEF, l’énergie est totalement centrée sur les apprentissages.

  • Les enfants Asperger ont besoin de temps de repos adaptés.

Après une période de socialisation, ou un temps dans le bruit, une personne Asperger aura besoin d’un temps plus ou moins long à l’écart, dans le silence le plus souvent, pour pouvoir se ressourcer. D’autant que des troubles du sommeil sont souvent associés au syndrome, et que les efforts au niveau psychomoteur fatiguent rapidement l’enfant. L’IEF permet de s’adapter au mieux au rythme de l’enfant et à ses besoins de repos, de récupération.

  • Les enfants Asperger ont souvent des troubles associés qui sont plus facilement pris en compte et en charge en IEF.

Le TDA/h (trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité), les « dys- » (dyslexie, dyspraxie, principalement), les TOC, l’épilepsie, ou des troubles de la coordination et de la motricité fine (entraînant des problèmes pour la maîtrise de l’écriture, notamment), les troubles associés au syndrome sont fréquents, et compliquent encore la scolarisation (nécessitant souvent une AVS qu’on a bien de la peine à obtenir, et qui est rarement formée de façon spécifique). En IEF, il est possible de composer avec ces troubles de façon beaucoup plus souple, et de faire progresser l’enfant à petits pas. En outre, il devient aussi plus facile de trouver des créneaux pour les rendez-vous chez les spécialistes (orthophoniste, psychomotricité, etc).

  • Les apprentissages peuvent s’appuyer sur les intérêts spécifiques de l’enfant.

Les personnes Asperger se caractérisent souvent par un (ou plusieurs) intérêt(s) particulier(s), c’est-à-dire qu’ils ont un sujet de prédilection sur lequel ils aiment se documenter de façon assez pointue, ou une activité qu’ils aiment pratiquer très régulièrement. Ce sujet peut facilement en IEF devenir la base d’apprentissages (formels ou non) qui vont motiver l’enfant de façon particulière.

  • La socialisation « forcée » n’est pas productive.

J’en ai parlé plus haut, se trouver enfermé plusieurs heures avec plus de 25 enfants peut être une épreuve pénible pour un enfant Asperger. En IEF, il devient possible de gérer une socialisation « à doses adaptées ». Si vous avez plusieurs enfants, ils sont de fait socialisés. Il n’est pas question de ne voir que sa famille, bien sûr, mais de pouvoir choisir le rythme de socialisation. Rencontrer peut-être un seul autre enfant au début, pour faire connaissance, faire des sorties en petits groupes, pour apprivoiser le fait de se trouver « en bande ». Retrouver aussi d’autres enfants dans un cadre défini (un cours de musique, par exemple) peut contribuer à apaiser l’angoisse qui peut naître d’une situation un peu floue, où l’enfant ne sait pas ce qu’il est censé faire. Et puis, la socialisation, c’est aussi rencontrer d’autres personnes (pas seulement des enfants de son âge) : apprendre à aller du pain, discuter avec le bibliothécaire, échanger quelques mots avec le facteur… En IEF, l’enfant pourra aller à son rythme et ne sera pas envahi par les contacts sociaux.

  • L’enfant Asperger a une façon particulière d’apprendre et de progresser.

Le style d’apprentissage de l’enfant autiste est particulier, il apprend à un rythme spécifique, il a souvent une angoisse face à l’échec (ce qui l’amène à refuser certains exercices par peur de ne pas les réussir), il a besoin que les consignes soient énoncées de façon particulière. Il peut aussi progresser très vite dans certains domaines, et beaucoup plus lentement dans d’autres. L’IEF permet de s’adapter facilement à toutes ces particularités. On peut se permettre de suivre des niveaux différents, de laisser un temps de côté ce qui coince, d’y revenir plus tard, ou de s’y attarder, passer plus vite sur ce qui est déjà maîtrisé…

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Pour toutes ces raisons, de nombreuses familles aux Etats-Unis, au Canada ou ailleurs choisissent l’IEF pour leurs enfants.

Le rythme et les exigences adaptées permettent de progresser en douceur, de travailler avec les forces de l’enfant tout en tenant compte de ses limites (qui ne sont pas gravées dans le marbre, et que l’on peut aussi faire reculer, peu à peu). Il y a déjà tant de défis dans le quotidien d’un enfant Asperger que je trouve que le milieu scolaire représente un challenge épuisant et inutile (sauf dans le cas d’une école « différente », prête à s’adapter, avec un effectif réduit, et des enseignants ouverts et formés).

Je sais que les associations militent pour l’inclusion scolaire, c’est une demande pressante de leur part, et je la respecte en même temps que je la comprends. 20% seulement des enfants autistes ont accès à la scolarisation, une grande partie de ces enfants est tout simplement priée de se cacher et de débarrasser le plancher, ce qui est inacceptable. Il faut bien exiger fortement que l’inclusion soit possible, naturelle, simplement pour que l’IEF reste ce qu’elle doit être : un choix libre. Pas question d’imposer l’IEF à une famille, sous prétexte que son enfant est inadapté à une classe ordinaire.

Cependant, je pense que dans le cas de beaucoup d’enfants Asperger (et en l’absence de formation en d’information des enseignants), l’IEF peut être une solution idéale.

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L’apprentissage se fait, l’observation aussi, l’imitation se met en place lors des événements normaux d’une vie d’enfant (activités en famille ou avec d’autres personnes, sorties, vie quotidienne), le tout dans un cadre connu et rassurant, et en compagnie des personnes qui connaissent le mieux l’enfant et ses besoins. Que demander de mieux ?

 

EDIT : Je me rends compte que mon article ne parle que très peu des points forts des enfants Asperger… Le syndrome n’est pas qu’un ensemble de déficiences, c’est une façon différente de fonctionner et de penser. Si l’on est loin du cliché de l’autiste « génie », les personnes Asperger présentent souvent des aptitudes particulières dans certains domaines… comme tous les enfants ! Si votre enfant vient de recevoir ce diagnostic, pas de panique, le chemin sera sans nul doute différent, mais pas moins beau ni riche.

 

Un article, sur le blog « Petits Homeschoolers », qui évoque l’IEF sous l’angle de la pédagogie Charlotte Mason : La pédagogie Charlotte Mason et les enfants Asperger.

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« Je ne sais pas comment tu fais! », ou comment passer tout son temps (ou presque) avec ses enfants

C’est une des réflexions qui revient très souvent quand j’évoque l’IEF avec des familles scolarisantes.

La plupart de mes amies m’a dit au moins une fois cette phrase, ou une assez équivalente.

J’avoue que si on imagine assez facilement des enfants assez grands ou des ados plutôt autonomes, l’idée de passer chaque jour avec de jeunes enfants peut être d’avance fatigante.

Alors qu’en est-il ? Les parents IEFeurs sont-ils de super-héros ? Avons-nous suivi un entraînement spécial auprès de maîtres zen ? Sommes-nous tout simplement de meilleurs parents ? O:)

Rien de tout cela, je l’avoue. Nous avons tous nos trucs pour assurer le quotidien. Voici les miens, n’hésitez pas à partager les vôtres. 😉

L’IEF est un choix

Rien que ça, c’est énorme, parce que ça donne une vraie motivation. Nous avons choisi cette vie, et comme tout choix, il a été réfléchi, pesé, mesuré, et nous nous y sommes engagés délibérément, et avec enthousiasme.

S’en souvenir suffit parfois à redonner un petit coup de fouet. Se souvenir de nos motivations profondes, des raisons qui ont débouché sur cette décision, remet les pendules à l’heure quand tout ne roule pas comme prévu, et c’est fréquent !

Nous avons fait un choix, et nous l’assumons. Nous le vivons. Il y a de bons côtés, et aussi de moins bons. Mais cela nous correspond. Lorsque cela ne nous correspondra plus, ou plus assez, on en reparlera, mais pour l’instant, c’est cette vie qui nous convient.

C’est aussi un choix fait ensemble, et le soutien du conjoint est une part importante de ma motivation. Quand je doute ou que je fatigue, je ne suis pas seule, il est là, et c’est un vrai soulagement pour moi.

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Qui veut voyager loin ménage sa monture

Comme toute activité, la vie de famille et l’IEF exigent des pauses et des temps de repos.

Ayant eu trois enfants en 4 ans, et n’ayant pas de permis de conduire, il m’était difficile d’avoir une activité de détente à l’extérieur. Je n’arrive pas non plus à me reposer à fond une semaine par an, et à assurer le reste du temps. Alors je me ménage des pauses dans la journée.

Je profite du temps calme du début d’après-midi pour me poser un peu. Pendant que les deux petits sont à la sieste et que le grand lit tranquillement, je prends une heure pour moi. Bien sûr, si besoin, je suis disponible, et parfois la sieste tombe à l’eau, mais je suis finalement rarement dérangée. Je bois un café, je fouille le net, je lis un bouquin, j’écris pour le blog, peu importe, mais c’est un temps à moi. Je recharge mon capital patience, ça me permet de finir la journée (à peu près) sereinement.

Le soir, lorsque mon mari rentre du travail, je sais qu’il va prendre un peu le relais. Il joue ou discute avec les enfants pendant que je prends une douche ou un bain, que je prépare le repas (sans enfants autour, c’est reposant), ou que je fais tout autre chose, sans rapport avec ma vie de maman. S’il rentre tôt, ou durant le week-end, il arrive aussi que mon mari sorte jouer ou se promener avec les enfants pendant que je me repose. Ce n’est pas très souvent, mais ça me fait du bien.

Il ne faut pas oublier non plus les temps passés chez les amis, les moments où les enfants font des activités à l’extérieur, vont au centre aéré ou en colo…

A vous de trouver ce qui vous ressource, et de décider du rythme qui vous convient, mais prenez soin de vous, c’est un service que vous vous rendez, et un bon exemple d’hygiène de vie que vous donnez à vos enfants.

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« Tes enfants sont faciles, tu as de la chance ! »

C’est vrai, mes enfants sont plutôt calmes, assez raisonnables, et je ne suis pas obligée de les surveiller sans cesse pour être sûre qu’ils ne vont pas démonter la maison.

Est-ce de la chance, ou le fruit de notre éducation ? Un peu des deux, probablement.

Mais une chose est sûre : j’ai vu des enfants calmes et charmants devenir en entrant à l’école de petites furies incontrôlables, violentes, insolentes, et prêtes à exploser au moindre prétexte.

C’est un fait, si l’école réussit à certains enfants, d’autres, assez nombreux, y sont malmenés. C’est souvent le cas des jeunes enfants, qui ne sont pas prêts à la vie en communauté, pas prêts à « affronter » les autres, pas prêts à être livrés à eux-mêmes une bonne partie du temps.

L’école est exigeante, fatigante, stressante, bruyante. Les enfants y apprennent des comportements nouveaux (insolence, brutalité), ils font de gros efforts pour obéir et faire ce qui est attendu (en résulte souvent une tension qui doit bien être évacuée), ils sont stressés et fatigués par le rythme, les réveils matinaux, le manque de temps calmes, de sieste aussi parfois.

Je lis souvent le témoignage de parents qui constatent que leurs enfants une fois déscolarisés ont un comportement radicalement différent. Evidemment, ça ne se fait pas du jour au lendemain, il faut le temps de se défaire de cette pression, mais il n’est pas rare d’entendre ce genre de remarques venant de parents qui pensaient jusque là  que leur enfant était capricieux, inattentif aux autres, incapable de se poser pour une activité calme, ou volontairement brutal avec ses pairs.

D’autre part, il ne faut pas croire que ce calme est simplement dans leur nature : ce sont des enfants, ils peuvent être bruyants, excités, nerveusement fatigués, ou simplement avoir envie de faire le bazar. Mais il y a quelques règles chez nous, et nous les faisons respecter (on ne court pas et on ne saute pas à l’intérieur (nous sommes en appartement); on chuchote pendant le temps d’école et le temps calme; on ne crie pas dans la maison).

En contrepartie, il est évident que nous donnons aux enfants la possibilité de se défouler comme ils en ont besoin.

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L’autonomie, ça se conquiert

Aucun enfant ne naît autonome. C’est ainsi. Nos bébés sont profondément dépendants de nous, c’est une question de survie.

Un bébé a un besoin vital de proximité physique, et un besoin tout aussi vital d’être rassuré (l’un allant souvent avec l’autre, d’ailleurs).

Il est normal qu’un enfant ne veuille pas se séparer de sa mère (oui, même à deux ans !), normal aussi que ce soit vers elle qu’il se tourne dès qu’il est angoissé, frustré, gêné.

Je l’ai dit, j’ai eu trois enfants en 4 ans, les deux premiers sont nés à 18 mois d’intervalle. Autant vous dire qu’entre la naissance de Martin, notre aîné, et les 3 ans de Joanne, sa cadette, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour moi. Si Martin était un bébé calme, qui dormait bien et beaucoup assez rapidement, sa petite sœur avait quant à elle un grand besoin d’être portée presque à longueur de journée. Elle passait le plus clair de sont temps dans l’écharpe de portage, et dès qu’on la posait, elle hurlait tant et si bien que je la surnommait à l’époque « la petite sirène ». J’en souris aujourd’hui, mais je dois avouer que durant la phase où même son papa ne trouvait pas grâce à ses yeux, et où je l’entendais vociférer dans ses bras pendant les 10 minutes où je prenais une douche, je n’en pouvais plus. Si on m’avait dit à l’époque que nous allions pratiquer l’IEF, et que je passerais mes journées avec mes deux bouts de chou et leur petit frère à venir, j’aurais rigolé. Ou pleuré. Ou les deux.

En général, les parents estiment normal de donner beaucoup de temps à un enfant les premiers mois, voire jusqu’à un ou deux ans, puis ils attendent de l’enfant qu’il puisse jouer seul un moment, qu’il ne les sollicite pas en permanence.

Chez nous, selon les enfants, l’autonomie pour le jeu est venue entre 6 mois et 3 ans, très progressivement.

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Mais encore aujourd’hui, les besoins des uns et des autres varient selon les moments, ce n’est pas un processus linéaire. C’est vers 3 ans que notre petit dernier a commencé véritablement à jouer seul, avant ça, il avait besoin d’un parent ou d’un membre de la fratrie avec lui. Notre fille a 6 ans et demi, mais elle joue rarement seule.

Nous avons conscience du besoin de nos enfants, et nous essayons d’y répondre de notre mieux. Ce n’est pas parfait, rien ne l’est, mais nous sommes disponibles, le plus possible. Nous essayons de répondre à leurs sollicitations. Bien sûr, le fait qu’ils soient trois est aussi une aide : ils jouent ensemble, et cela nous permet d’être un peu moins présents, un peu moins nécessaires. Mais il est normal qu’un enfant aie besoin de ses parents, même lorsqu’il mange seul, marche seul, s’habille seul.

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C’est agréable d’être ensemble

Comme je le disais plus haut, si passer du temps avec un enfant stressé, surexcité par la fatigue ou les pression scolaire  peut être une perspective peu enthousiasmante, je connais peu de parents qui n’apprécient pas de passer de bons moments de détente ou de jeu avec leurs enfants.

Vous me direz : « Oui, mais l’IEF, ce n’est pas les vacances, et on ne va pas simplement jouer ! », ou encore « J’ai déjà du mal à être patiente pour les devoirs, alors je ne pourrais pas leur faire l’école ! ».

En fait, cette vision des choses est biaisée. Il est évident qu’on ne peut pas comparer l’IEF à des loisirs perpétuels. Il est évident aussi qu’on ne peut comparer le temps des devoirs, avec un parent fatigué par sa journée et stressé par l’heure qui tourne, et un enfant qui est épuisé de sa journée, qui n’aspire qu’à aller jouer ou se reposer, ou qui peut-être se met une pression folle pour « réussir » en pensant en être incapable, avec ce qui se passe en IEF.

Un enfant en IEF peut aller à son rythme, ne pas être sous pression de réussite, choisir à quoi il veut travailler, il a la possibilité et le temps de se passionner, d’approfondir ce qui l’intéresse. Rien à voir avec la bataille du soir pour qu’il se plie à des exercices ennuyeux ou qu’il ingurgite des leçons sèches. Pas besoin d’être une pro de la patience pour l’accompagner alors dans ses apprentissages.

L’IEF, c’est une transmission des savoirs, mais c’est aussi découvrir ensemble, visiter des monuments, chercher, progresser, encourager, se fabriquer un tas de souvenirs, se faire des amis, se lancer dans un élevage d’escargots, dans des bricolages scientifiques, se rendre à une exposition, bref, c’est loin d’une interminable partie de « C’est l’heure des devoirs ».

Voir ses enfants grandir, s’intéresser, s’épanouir, retenir, lire et nous raconter ensuite, poser des questions, se passionner, maîtriser, c’est un émerveillement. Souvenez-vous du jour où il a dit « maman » pour la première fois. Du jour où elle a fait ses premiers pas. Du premier dessin qu’il a réalisé. De la première fois qu’elle a fait du vélo sans les stabilisateurs. C’est ça, l’IEF. C’est être là pour tous ces moments, et tous ceux qui leur ressemblent.

C’est aussi avoir conscience que le temps passe vite. Que même les choses contraignantes n’ont finalement été qu’un tout petit souffle dans notre vie. Que même si c’est parfois fatigant ou décourageant, cette période est un trésor durant lequel nos petits et moins petits se construisent, et qu’en être partie prenante est un vrai cadeau qui nous est fait.

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L’enseignement de l’histoire

Si on se réfère au découpage scolaire, Martin et Joanne se trouvent tous deux dans le cycle 2, appelé cycle des apprentissages fondamentaux (l’un au niveau CE2, l’autre à cheval sur le CP et le CE1). Depuis la rentrée 2016, l’histoire n’est plus au programme de ce cycle, qui enseigne comment se situer dans le temps, mais ne va pas plus loin.

Voici la publication du gouvernement sur les horaires et programmes des différents cycles : clic!

A titre d’information, voici les supports disponibles pour les enseignants des cycles 2 et 3 pour aborder ces sujets :

J’ai fait le choix de commencer l’enseignement proprement dit de l’histoire dès le niveau CE2. Je pense voir l’ensemble du programme en 3 ans, et le reprendre au niveau collège pour l’approfondir et en voir d’autres aspects. Il me semble en effet plus naturel de travailler de façon chronologique (pourquoi voir la naissance de l’humanité en fin de cycle???) que par thèmes, puisque l’histoire se construit à partir de ce qui était là avant. Les liens de cause-conséquence sont plus évidents et le développement des idées et techniques suit une progression logique. Je n’apprécie pas non plus le côté très « anecdotique » : regardons ce qui se passe dans ce pays à cette époque, et surtout rien d’autre.

Après les bases posées en CP et CE1 sur le temps et notre rapport à lui, sur les notions de longévité, de générations, et l’apprentissage de termes tels que « siècle », « histoire », « préhistoire », nous abordons au début du niveau CE2 le programme qui était jusque 2015 enseigné sur les trois ans de CE2, CM1 et CM2.

Nous avons choisi comme support principal le manuel d’histoire de la Librairie des Ecoles, que vous pouvez feuilleter ici.

Nous suivrons la progression proposée, à savoir :

  • 30 leçons pour le CE2 (couvrant la préhistoire, l’Antiquité, et une partie des leçons sur le Moyen-Âge)
  • 34 leçons pour le CM1 (couvrant le reste des leçons sur le Moyen-Âge et les temps modernes)
  • 29 leçons en CM2 (couvrant la Révolution française, le XIXe siècle, le XXe siècle et la période contemporaine)

J’apprécie beaucoup le manuel en question, pour diverses raisons, que je me permets de développer un peu. 🙂

  1. Le texte est bien écrit. Cela peut paraître superflu, mais je trouve que les manuels qui présentent surtout des documents iconographiques à peine mis en page, privilégient les titres colorés et les petites légendes ou encadrés desquels on est censé retirer l’essentiel du savoir sont des prémâchés insipides qui me tombent des mains. Ici, on nous raconte l’histoire, et, outre les belles tournures ou le vocabulaire ainsi appris, l’auteur (Philippe Nemo) nous donne envie de creuser, d’en apprendre plus.
  2. Les illustrations servent le texte. Elles sont variées (dessins, cartes, photos) et de bonne qualité, mais surtout, elles ne se substituent pas au texte, elles l’enrichissent.
  3. L’ouverture sur le monde. Le programme comporte un certain nombre de leçons qui n’appartiennent pas au programme de façon explicite, mais permettent une ouverture sur certaines périodes ou sur l’histoire de certains pays ou continents. Par exemple, on explore largement l’Antiquité, on s’intéresse aux pays d’Europe au Moyen-Âge, on étudie les temps modernes sur les continents asiatique et africain.
  4. Le lien est fait avec l’histoire des arts. Des notes renvoient au manuel d’histoire des arts (consultable ici), permettant d’ancrer les explorations artistiques au sein d’une période que les enfants identifient facilement.

Pour résumer, je n’ai pas l’impression de « survoler » le programme pour mieux y revenir plus tard, ni de me perdre dans des thématiques empesées. Je pense que ce que nous aurons vu au cours de ces 3 ans posera des bases solides pour un apprentissage cohérent et constructif de ce qu’est l’histoire.

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Éloge de la souplesse

Il n’est pas question ici de porter aux nues la faculté à se gratter les oreilles avec les orteils, vous l’aurez deviné… 😉

Je parle de la souplesse d’emploi du temps que l’IEF nous permet de vivre au quotidien.

Vous l’aurez constaté, peu d’articles ont été postés sur notre blog depuis fin décembre, et cela reflète assez bien notre niveau global d’activité scolaire « formelle ».

Les vacances, quelques rhumes, les fêtes, les sorties, le rythme un peu chamboulé, les visites, et une reprise un peu laborieuse (due en partie à l’emploi du temps chargé de Papa et en partie à des obligations familiales) nous ont conduit à mettre entre parenthèses, d’abord, puis à mettre la pédale douce sur nos activités d’école.

Et j’avoue que je savoure cet état de fait, cette possibilité de nous adapter, de faire autrement. Cela serait impossible si les enfants étaient scolarisés. Nous vivons dans une société où la pression du conformisme est forte, où les médias diffusent largement « LE » modèle à suivre et où il est parfois difficile de pouvoir simplement dire « non merci » en souriant et de suivre un autre chemin.

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Non, rien n’oblige à s’asseoir 2, 4, ou 6 heures par jour devant une feuille ou un livre pour apprendre des choses. Non, il n’y a pas qu’une seule façon d’apprendre, de découvrir, de grandir. Non, mes enfants ne seront pas « en retard », ni « déconnectés ».

Je n’ai pas peur, je ne m’angoisse pas en regardant le « programme ». Pourquoi ? Parce que je vois nos enfants qui vivent, s’épanouissent, apprennent par mille moyens auxquels je n’aurais pas pensé une seconde, et qu’il n’y a en fait aucune urgence. Cela m’interpelle quand je lis telle ou telle maman qui s’inquiète du programme à suivre pour son enfant de 3 ans, des résultats que l’on attend en fin de maternelle, ou de sa fille qui à 6 ans ne tient pas son stylo correctement ou ne parvient pas à lire à voix basse. Bien sûr, je comprends en tant que maman qu’on soit attentif, qu’on ne veuille pas laisser s’installer des comportements problématiques, qu’on désire intervenir rapidement, donner le meilleur, ne pas passer à côté d’un réel problème. C’est légitime et louable. Mais de là à basculer dans l’angoisse de la performance et la pression du « moule » auquel il faudrait se conformer, il y a un pas que je suis attachée à ne pas franchir.

Je vois mes enfants grandir depuis plusieurs années, et je souris quand je repense à mes premières inquiétudes à propos de la façon dont mon fils écrivait (ou plutôt n’écrivait pas!), ou dont ma fille refusait de « travailler » plus de 3 minutes d’affilée. Je souris, parce que la plupart des inquiétudes naissent sur des choses qui passent. Un peu comme lorsqu’on s’angoisse pour l’apprentissage de la propreté. Franchement, hors pathologie, vous avez déjà vu un gamin de 15 ans avec des couches? Peut-être a-t-il maîtrisé l’art délicat d’utiliser le pot dès 19 mois, et peut-être qu’il a porté des couches jusqu’à 4 ans et demi. Quelle différence au final? Sans doute aucune autre que l’angoisse de ses parents face au temps qui passait, sans que ce petit bout ne semble comprendre ce qu’on attendait de lui à ce niveau.

L’IEF, c’est aussi ça : refuser délibérément de se faire des nœuds au cerveau pour des choses finalement sans grande importance.

Alors oui, nous laissons un peu de côté notre emploi du temps habituel, mais cela se fait sans douleur, sans culpabilité. Parce que montrer la vraie vie à ses enfants, c’est aussi leur faire ressentir cette souplesse, devant certaines obligations, certains empêchements, ou simplement certaines envies.

La suite bientôt…

On se lance ?

Il faut bien commencer quelque part…

Pourquoi ce blog?

Tout d’abord pour partager cette belle aventure que nous vivons en famille. Notre quotidien n’a rien de très exotique, nous sommes des gens ordinaires, et je voulais témoigner du fait que ce que nous vivons n’est pas si exceptionnel, que c’est une possibilité qui concerne chaque famille.

Pour partager aussi nos idées, nos sources et ressources pour nos activités plus ou moins scolaires. Partager nos découvertes, nos envies, nos joies, nos difficultés, nos progrès, nos réussites.

Enfin, je me suis décidée à écrire ce blog pour laisser une trace pour nos enfants « une fois grands », laisser une empreinte de ce que nous aurons vécu ensemble, de ce qu’aura été notre vie, de ce que nous aurons appris ensemble, ce qui nous aura fait grandir.

N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions, des suggestions. Je ferai de mon mieux pour être assidue, dans la limite de ce que notre vie trépidante (très très pidante) me permettra. 😉

Notre famille

Nous sommes cinq, deux parents, mariés depuis 2007, et trois enfants, Martin (né en 2008), Joanne (née en 2010) et Paul-Elie (né en 2012). Je suis maman au foyer, et nos enfants ont toujours été instruits en famille. Nous sommes originaires de Franche-Comté (pour mon mari) et du Nord (pour moi). Nous vivons depuis un an en Île-de-France. Nous sommes une famille chrétienne, la foi tient une place centrale dans notre vie. Nous aimons la nature, la musique, lire, découvrir, et surtout partager tout cela ensemble et avec ceux qui nous sont chers.

Notre IEF

Seul Martin est « officiellement » instruit en famille, puisqu’il a atteint cette année l’âge où l’instruction devient obligatoire en France, et où il nous est demandé de faire une déclaration auprès de la mairie et de l’inspection académique stipulant que notre enfant recevra l’instruction au sein de sa famille. Nous aurons aussi à cette occasion nos premiers contrôles, mais nous aurons l’occasion d’en reparler.

Nous avons fait le choix de ne pas suivre de cours par correspondance. En effet, ce qui a motivé entre autres notre choix de l’IEF était la possibilité de s’adapter aux intérêts de nos enfants, à leur rythme d’apprentissage, de suivre leur curiosité, et non d’imposer un cadre rigide, un programme ne tenant pas compte de leur façon d’apprendre ou de leurs envies.

Je me suis procuré plusieurs ouvrages, que j’aurai l’occasion de détailler dans un autre article, et dans lesquels je pioche au gré des besoins. Je fouille aussi beaucoup sur le net, on trouve de vrais trésors. Je réalise moi-même des fiches que j’imprime et qui servent de support de travail aux enfants.

Nous nous installons habituellement pour « travailler » le matin vers 10 heures, durant une heure ou deux (au maximum). Généralement, Martin travaille aussi l’après-midi, après son temps calme, pendant que les plus jeunes font la sieste.

Nous avons cette année un emploi du temps « de principe », qui n’est pas très rigide, mais nous permet de ne pas trop nous disperser. Les activités sont bien sûr adaptées à notre vie de famille, et peuvent être aménagées ou reportées en fonction des imprévus, de situations particulières, ou tout simplement de la météo (nous choisirons toujours de profiter d’abord d’une belle journée en sortant au grand air, les activités sur feuille seront toujours là à notre retour!). Je reviendrai dans un prochain article sur cet emploi du temps, et sur les choix pédagogiques que nous avons faits.

Nous n’avons pas d’idée arrêtée sur la durée de notre aventure d’IEF. Mais une chose est sûre : plus nous nous intéressons au sujet, plus nous en discutons, plus nous le vivons concrètement, et plus nous sommes convaincus par cette façon de faire. Ce qui avait au départ des allures de « mesure temporaire » devient notre réalité, notre souhait, notre façon de nous épanouir comme famille et répond à nos attentes profondes, à nos valeurs, à ce que nous désirons réellement offrir à nos enfants. Aujourd’hui, nous envisageons de poursuivre l’IEF aussi longtemps que possible, c’est-à-dire aussi longtemps que nous nous sentirons capables d’apporter une instruction de qualité à nos enfants, et aussi longtemps qu’ils s’épanouiront dans cette façon de vivre.

La suite bientôt…

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